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Synthèse — Organisation & cuisine du bar de la Filature

Discussion à deux entre Jonas et Mathilde (≈ 1h09, 27 juin 2026), en préparation de l'ouverture du bar / café de l'université populaire (UPOP) à la Filature, à Villeurbanne. Objet : comment organiser l'ouverture du lieu et la cuisine. Les grandes lignes sont chapitrées ci-dessous.

1. Cadre & point de départ

Sujet : organiser la nourriture du futur bar / café de l'UPOP. Identité & nom : conserver l'identité « la Filature » (comptes Instagram/Facebook fournis par Juliette & Benjamin, DA existante, ≈ 5000 abonnés) ; le nom du bar reste à voter. Objectif UPOP : partager et échanger des savoirs dans un lieu populaire et accessible, où la cuisine sert d'espace convivial d'échange informel. Deux besoins exprimés par la Filature : (1) une régularité d'ouverture explicite, (2) une offre de restauration légère (pas un restaurant). Réserve : le collectif UPOP (Christophe, Silver, Elvina) ne veut pas s'engager sur la cuisine, jugée « trop compliquée » — mais ils pensaient restaurant, et d'autres porteurs sont possibles.

2. Régularité d'ouverture (le soir)

Proposition : 4 soirs réguliers, du mercredi au samedi (dimanche/lundi/mardi fermés). Répartition : ≈ 2 soirs UPOP / 2 soirs Code Commun, avec souplesse (« deux et demi », bénévoles des deux structures mélangés). Tension clé : Jonas veut autoriser des ouvertures « en plus » au bon vouloir des motivés (modèle de la Tendresse à Montpellier, bouton ouvert/fermé) ; Mathilde tient à la rigueur — un planning de bénévoles titulaires/remplaçants, car le public ne vient que si c'est « carré ». Mercredi : ouvrir plus tôt (≈ 14h30-15h), créneau familles/enfants, goûter sucré, atelier « fais ton gâteau ». Dimanche : 11h-18h, événements plus exceptionnels (type « dimanches famille »), ≈ 1 par mois. Principe : un calendrier propre et régulier permet aux gens de se projeter.

Rappel : la régularité est aussi une demande des usagers — remontée la veille par Olivier et par deux usagères qui ont prévenu qu'elles ne viendraient pas si le lieu n'était pas fiable. « Ils aimeraient bien être plus réguliers, c'est aussi remonté par les usagers. »

Accueil d'assos extérieures — 2 à 3 formules à cadrer dans une charte : (a) simple mise à disposition de la salle (ils amènent tout, aucun bénévole déployé, pas d'accès cuisine/stocks) ; (b) on porte le bar et nos bénévoles, le bénéfice est pour nous ; © ils s'emparent du bar, paient les charges de la soirée et gardent leur buvette, sans toucher à nos stocks. Point de vigilance : gestion des stocks et réassort (éviter de se retrouver à sec).

3. Offre de restauration du soir

Concept : offre saisonnière, type planches « compose ton assiette », tarifée au produit / au grammage (étalonné selon les quantités). Produits simples, reproductibles par n'importe quel bénévole : houmous, tartinades, fromage, charcuterie légère, olives, pain, avec déclinaisons saisonnières (focaccia, gazpacho, velouté et tarte de courge…). Structure : une base fixe « gravée dans la roche » (toujours en stock, facile) + une offre plus travaillée les soirs d'événement. Cadre à expliciter : bénévoles non professionnels, prix bas « à prix coûtant », recherche du juste prix / juste quantité. Partenaires pour des soirées où des structures se rémunèrent : Weaver, Saveurs et des Ailes, + une structure proposée par Farida — à contacter (à noter au compte-rendu). Axe UPOP : des soirées « on apprend une recette ensemble ».

« Une petite tarte, une salade, moi je mange un truc à 5-6 balles. » — Benjamin (le besoin de restauration légère exprimé par la Filature)

4. La popote du midi

Idée : une cuisine de tiers-lieu le midi (modèle LowCal / Atelier Soudé / Alter Conso) — on cuisine à tour de rôle un repas simple (légumes au four, tartes, quiches, pizzas plaque…), partagé ensemble, pour créer du lien. Public : d'abord nous (coworking le midi : la Coop, l'UPOP, Code Commun, + les porteurs de projets de la Filature) ; « quand on fait pour 5, on fait pour 8 ». Approvisionnement : AMAP / Alterconso. Surplus (quiches, tartes) revendable le soir. Conviction : la cuisine est la pièce centrale d'un tiers-lieu (citation de Benjamin) — le moment informel où se créent les liens entre structures. À noter : ce temps du midi n'est pas destiné à la vente directe au public.

5. Modèle économique : Cascade + TiBillet + réciprocité

Cascade : plusieurs budgets qui « cascadent » les uns dans les autres (le bénéfice du soir peut financer le midi, les concerts, les spectacles…), décidé collectivement. La Coop Cascade est prête à rejoindre l'aventure du midi, avec un ordre de grandeur de ≈ 5000 € pour expérimenter. TiBillet : cashless, avec monnaie temps / monnaie cadeau / euros, et des parts de souscription à la coopérative. Réciprocité : le bénévolat génère de la monnaie cadeau → consommer, coworking, repas du midi (clarification en séance : ce n'est pas « gratuit » mais un prix symbolique / une réciprocité). Valorisation : 1h de bénévolat = 1 boisson (modèle éprouvé à la Raffinerie : 1h = 3 « raf-tous » cadeau ; 1 Raftou = 1 €). Débat sur le plafonnement : faut-il limiter les cumuls de monnaie cadeau ? Conclusion — non : la limite est déjà dans les heures données, et TiBillet ne fait que formaliser (donc limiter) ce que toutes les assos font déjà de façon informelle.

6. Règles & cadre (alcool, sécurité, horaires)

Règle forte (Mathilde, non négociable) : on ne boit pas pendant son service bénévole ; on attend la fin de son créneau. Enjeu de fond : prévenir les comportements problématiques liés à l'alcool et garantir la sécurité (femmes, enfants, publics vulnérables) — « l'alcool est un facteur aggravant », pas d'incitation à la consommation (conseil de Christian, réseau RECCA). Shifts courts : 2h max (ex. 18h-22h = 2 créneaux), en binôme de bénévoles. Horaires stricts : dernière conso 30 min avant la fermeture (ex. dernière bière 22h, fermeture 22h30), pour le voisinage. Tournées : pas de tournées générales gratuites ; on n'offre des coups qu'avec sa propre monnaie cadeau disponible.

7. Suite & arbitrage

Beaucoup de points ont été définis (jours et horaires d'ouverture, valorisation du bénévolat, règles alcool) ; reste à les acter par un vote. Outil d'arbitrage à choisir : Vox ou Hypostasia — cette discussion pourrait elle-même servir de point de départ à la synthèse délibérative.

8. Points de tension & arbitrages (verbatim)

Souplesse vs rigueur des ouvertures

Jonas veut autoriser des ouvertures « en plus » au bon vouloir des motivés ; Mathilde tient à un cadre carré (planning de bénévoles, public qui ne vient que si c'est fiable). Arbitrage : ouvertures supplémentaires possibles à condition que les règles soient claires (charte + gestion des stocks).

« Je n'aime pas l'idée que ça puisse être ouvert en plus des quatre jours réguliers… au bon vouloir des gens motivés pour l'ouvrir. » — Jonas

« Si c'était pas carré, elles viendraient pas. Si c'était pas solide, elles viendraient pas. Donc si c'est pas organisé, elles viendront pas. » — Mathilde

Financer le midi par le soir : le modèle de réciprocité

Mathilde n'arrive pas à se figurer comment le budget du soir peut financer le midi sans simplement faire payer les gens, et trouve qu'on s'éloigne du sujet restauration. Jonas assume un exercice de pensée (modèle Cascade) : les bénéfices du soir alimentent un pot commun, et le bénévolat ouvre une réciprocité via la monnaie cadeau. Clarification : ce n'est pas « gratuit » mais un prix symbolique ; et c'est un chantier à construire (« je n'ai pas la réponse technique tout de suite »).

« Je n'arrive pas à voir comment tu peux faire ruisseler un budget du soir sur un budget du midi sans faire payer les gens. » — Mathilde

Alcool, sécurité & comportements (point non négociable de Mathilde)

Le point le plus ferme de la discussion. Mathilde pose une règle inflexible (bénévole = pas d'alcool pendant le service) au nom de la sécurité et de son vécu personnel. Jonas rejoint la règle et montre que TiBillet la rend déjà effective (on ne peut pas être open bar, la conso est conditionnée). Arbitrage : pas d'alcool en service, shifts de 2h, horaires stricts, pas de tournées gratuites.

« Je ne veux pas monter une structure… et que cette structure-là, elle permette l'alcoolisme des gens et leur relouitude. L'alcool est un facteur qui aggrave les comportements problématiques. » — Mathilde

« Toutes les assos du monde payent des coups à leurs bénévoles de façon informelle. TiBillet, ça rend juste la chose formelle… donc ça la limite. La limite, elle est déjà avant. » — Jonas

Faut-il plafonner la monnaie cadeau ?

Mathilde voulait un plafond de cumul (éviter qu'un bénévole « paie des coups gratos » à tout le monde). Jonas s'y oppose : un gros cumul (ex. 200h) signifie surtout que la personne a beaucoup donné et peu reçu en retour — la limite est déjà dans les heures travaillées. Arbitrage : pas de plafond ; la réciprocité reste bornée par le bénévolat effectivement fourni.