Aller au contenu

Code Commun

code-commun-logo.png

Présentation

Code Commun est une coopérative SCIC fondée en 2020-2021. Elle fabrique des communs numériques sous licences libres pour le secteur culturel, associatif et coopératif, et forme à leur usage. Sa gouvernance est partagée entre trois collèges (animateurs et animatrices, contributeurs et contributrices, utilisateurs et utilisatrices) chacun disposant d'un tiers des voix. La lucrativité est limitée : 100 % des bénéfices vont en réserve, il n'y a pas de rachat possible des parts. Site : https://codecommun.coop

Les outils que la coopérative porte sont utilisés aujourd'hui par plus de 300 lieux et touchent plus de 60 000 personnes. TiBillet est la suite intégrée des lieux de vie : billetterie, agenda fédéré, adhésions, caisse tactile conforme à la réglementation, vente en ligne, cartes NFC sans contact qui portent l'adhésion, l'achat, la monnaie locale et la monnaie temps de valorisation du bénévolat. Reparons.org équipe les ateliers de réparation. OpenBadge.coop documente les apprentissages en pair à pair. Hypostasia produit des synthèses délibératives de débats. Tout est sous licence AGPLv3, contribuable, réutilisable.

Code Commun a été soutenue depuis sa création par France 2030 (lauréate Billetterie innovante), France Tiers-Lieux, les Appels à Communs, le Ministère de la Culture. Soit environ 400 000 € de subventions publiques gérées sans incident. Elle travaille au quotidien avec les réseaux régionaux des tiers-lieux : RELIEF en Auvergne-Rhône-Alpes, La Rosée en Occitanie, La Compagnie des Tiers-Lieux dans les Hauts-de-France, RTLx à La Réunion, et avec les institutions nationales (ANTL, France Tiers-Lieux, ANCT, Comité Data, Commune Mesure).

Rôle dans le collectif

Code Commun se propose de porter administrativement et financièrement le projet, et d'engager environ 10 000 € de fonds propres pour l'amorcer. Cela ne signifie pas pilotage exclusif : c'est l'inverse. Comme elle pratique déjà la gouvernance partagée à trois collèges, son habitude est d'héberger juridiquement des projets sans en confisquer la décision. La direction politique de l'Upop' Bar restera collective.

Code Commun apporte aussi son réseau et son poids institutionnel. Pour Intermède et la Mairie, c'est une forme de garantie : les fonds publics qui transiteront par le projet seront gérés par une coopérative qui en a déjà géré plusieurs centaines de milliers d'euros. Pour le projet lui-même, c'est une porte ouverte vers les financements nationaux (Appels à Communs, France Tiers-Lieux, AFNIC, ADEME, AURA via RELIEF). La coopérative sait que à plusieurs, c'est plus facile.

Ce qu'elle pourrait faire en pratique dans le lieu

Équiper le bar avec TiBillet dès l'ouverture, sans frais : caisse tactile pour le service, carte d'adhésion avec monnaie temps pour de la valorisation de bénévolat et réciprocité, billetterie pour les soirées de programmation, agenda fédéré relié aux autres tiers-lieux et collectifs proches. Gestion de financements participatifs et budgets contributifs... La coop' fabrique des outils de collectif. Son intérêt dans le projet est de retrouver un lieu ou les utiliser soi même !

Ses membres souhaitent animer un espace du faire pour les communs numériques inclusifs : ateliers d'apprentissage du code en pair à pair sur des projets réels (TiBillet, Reparons.org), permanences d'auto-hébergement (YunoHost), séances de découverte des outils libres pour les associations du quartier. C'est l'un des trois ou quatre fils rouges les plus structurants de la programmation envisagée.

Documenter l'expérience comme un commun. Code Commun a une habitude de la production écrite : plaidoyers, retours d'expérience, cahiers des charges. L'Upop' Bar pourrait laisser derrière lui, à sa fermeture en 2027, un guide réutilisable par d'autres collectifs qui voudraient ouvrir un café associatif comme dispositif pédagogique de tiers-lieu. Cette trace fait partie intégrante du projet.

Programmation culturelle — retrouver le geste fondateur

Avant d'être une coopérative qui fabrique du logiciel, Code Commun est une histoire qui commence dans une ancienne sucrerie de l'île de La Réunion. Jonas n'est pas à l'origine développeur, il est régisseur de festival et ingénieur du son. Son métier, c'est accueillir des musiciens et du public et s'assurer que tout le monde fait la fête dans de bonnes conditions. Il a longtemps travaillé à Paris (responsable du studio de mastering d'Universal Music France) avant de rejoindre, en 2016, une équipe bénévole dans le sud sauvage de La Réunion, sur le Manapany Festival.

C'est là que TiBillet est né, parce qu'aucune billetterie du marché ne convenait : trop chère, ou plombée par les dark patterns qui font payer les festivaliers les plus précaires en numérique. Une billetterie maison, faite à plusieurs bidouilleurs, pour eux d'abord mais pensé inclusive et ouverte.

Puis arrive la Raffinerie. Une ancienne sucrerie de l'île, deux hectares en plein air, le sol pollué par les batteries de plomb, des tas de palettes et de conteneurs récupérés, du BRF épandu partout. Un café associatif qui voulait des cartes d'adhésion sans contact augmentée d'une monnaie temps. Quatre heures passées à souder des conteneurs ou à monter du mobilier en palettes le mercredi matin valaient quatre points sur la carte, qu'on pouvait dépenser au bar le soir, dans les ateliers, ou en bière lors des concerts du mercredi et du vendredi. La première année, 55 000 heures de bénévolat valorisées. Une dizaine de bénévoles devenus quarante. Le geste qui fonde TiBillet et qui fonde Code Commun est là : fabriquer des outils pour les collectifs le jour, les utiliser le soir.

illustration-fete-danser-teuf-boom-piste-ambiance-conviviale-musique-dj-rock-festif.png

La Raffinerie est aussi devenue le tiers-lieu fondateur de RTLx, le réseau régional des tiers-lieux de l'île de La Réunion, dont Code Commun est resté partenaire actif. C'est par la Raffinerie que la coopérative a épousé le mouvement national des tiers-lieux, pas par la théorie, par la pratique, en versant des bières, en construisant des tables, en fabriquant des outils de gestion de communautés. Aujourd'hui, dix ans plus tard, ce qui manque à Jonas et à la coopérative pour boucler le cercle, c'est un lieu où reproduire ce geste fondateur en métropole. Un café associatif où l'on bricole le jour ce qu'on partage le soir.

L'Upop' Bar pourrait être ce lieu. Et la programmation culturelle qui s'y déploierait porterait l'empreinte de cette histoire : des concerts réguliers en pavillon ou en salle, accompagnés d'une billetterie sans frais cachés pour le public. Des soirées où l'on retrouve les artistes accueilli·es par des pairs qui ont participé à de nombreuses tournées elle.eux aussi.

Des chantiers participatifs pourraient prendre place en journée : réemploi avec l'Atelier Soudé et Eisenia, aménagement de la cuisine avec Des Saveurs et des Ailes. Les heures passées à visser, peindre, souder, cuisiner s'inscrivent sur la carte du bénévole, et reviennent le soir en bière ou en repas. C'est ce qui a fait, à la Raffinerie, qu'on est passé d'une dizaine de bénévoles à cinquante en quelques mois.

C'est aussi une manière de boucler la cohérence interne de Code Commun. Les outils que la coopérative fabrique sont nourris par les besoins remontés du terrain ; en revanche, depuis quelques années, le terrain de Code Commun est principalement celui des autres lieux : les 300 lieux qui utilisent TiBillet.

Avoir à nouveau un lieu à soi, dans lequel on est à la fois fabricant et utilisateur des outils, c'est se redonner les conditions d'écoute fine du réel qui ont fait la qualité du logiciel. Pour la coopérative, c'est un retour aux sources qui est aussi un réel besoin pour ne pas oublier le terrain.